Bourse de Casablanca — Minière Touissit s’envole de 10%, le MASI résiste malgré le repli des poids lourds
Minière Touissit a bondi de 10,0% à 5.499 MAD avec 63,4 millions de MAD échangés, signant la séance la plus marquante à la Bourse de Casablanca aujourd’hui. Le MASI a gagné 0,25%, porté par les minières et les mid caps malgré le recul de TAQA Morocco, BOA et LafargeHolcim Maroc.
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Minière Touissit capte la séance à Casablanca
Le fait marquant de la séance du lundi 1er juin 2026 à la Bourse de Casablanca aujourd’hui est venu de Minière Touissit, dont le titre a bondi de 10,0% à 5.499 MAD avec 63,4 millions de MAD de volume, soit le plus gros flux de la cote sur la journée. Cette hausse a permis au MASI de progresser de 0,25% à 18.922,23 points, alors même que plusieurs poids lourds, dont TAQA Morocco, Bank of Africa et LafargeHolcim Maroc, ont terminé dans le rouge.
Le contraste est important: l’indice MASI 20 a cédé 0,48% à 1.335,46 points et affiche encore une performance de -10,11% depuis le début de 2026, tandis que le MASI Mid and Small Cap a gagné 0,30% à 1.909,59 points pour porter son gain annuel à 3,7%. Autrement dit, la séance a été tirée par les valeurs moyennes, en particulier les minières, plus que par les grandes capitalisations bancaires et industrielles.
- Brent: 96,2 dollars/baril, en hausse de 4,5% sur la séance
- Marché: 28 hausses, 29 baisses, 23 inchangés
Contexte de marché: un MASI positif, mais une largeur mitigée
La photographie du marché financier Maroc reste nuancée. La cote a enregistré 28 valeurs en hausse, 29 en baisse et 23 inchangées, soit une largeur presque parfaitement équilibrée sur 80 titres. Cette statistique explique pourquoi le gain du MASI paraît plus solide qu’il ne l’est réellement: il a reposé sur quelques poches de force très nettes, alors que le segment des blue chips restait sous pression.
Le MASI ESG a avancé de 0,49% à 1.399,82 points, portant sa performance annuelle à 11,85%, ce qui montre que les flux continuent de privilégier certains dossiers jugés plus défensifs ou mieux gouvernés. En revanche, le cours MASI a été freiné par des replis sensibles de grandes capitalisations: TAQA Morocco a perdu 2,7% à 1.760 MAD, Bank of Africa 2,9% à 202,05 MAD et LafargeHolcim Maroc 3,2% à 1.806 MAD.
Ce décalage entre indices s’inscrit aussi dans un contexte macro plus complexe. Le Brent a rebondi de 4,5% à 96,2 dollars le baril sur la journée, même s’il reste en hausse limitée de 2,0% sur la semaine après une forte correction récente, selon les gros titres internationaux fournis. Pour le Maroc, importateur net d’énergie, un pétrole plus cher pèse sur les coûts d’importation et, à terme, sur certaines marges industrielles. Mais pour les minières, la lecture est différente: un baril élevé peut soutenir l’appétit pour les actifs liés aux ressources naturelles, surtout quand il s’accompagne d’un repositionnement global sur les matières premières.
Pourquoi Minière Touissit a bondi de 10%
La hausse de CMT ne peut pas être réduite à un simple effet technique. D’abord, le titre a progressé avec un volume de 63,4 millions de MAD, supérieur à celui de Managem à 53,3 millions de MAD et de LafargeHolcim Maroc à 51,7 millions de MAD. Quand une valeur moyenne gagne 10,0% avec le premier volume du marché, cela signale généralement une conviction plus large qu’un simple ajustement de carnet.
Ensuite, le mouvement s’est inscrit dans une séquence favorable aux minières marocaines. Managem a gagné 4,0% à 18.098 MAD, SMI 3,0% à 9.496 MAD et Zellidja 2,9% à 216 MAD. Ce faisceau de hausses sectorielles suggère une rotation vers les métaux et les producteurs de ressources, dans un environnement où l’or reste à 4.504,5 dollars l’once malgré un repli de 1,2%, l’argent à 75,21 dollars recule de 0,5%, et le palladium monte de 1,5% à 1.381 dollars. Même sans corrélation parfaite séance par séance, la logique de marché est claire: les investisseurs ont recherché l’exposition aux matières premières plutôt qu’aux valeurs domestiques sensibles aux coûts énergétiques.
Il faut aussi lire cette hausse à travers la structure de la cote casablancaise. Le marché est fortement concentré sur les banques et les télécoms, ce qui laisse les minières jouer un rôle de diversification lorsque les financières marquent une pause. Attijariwafa Bank, cinquième plus gros volume du jour avec 18,9 millions de MAD, a terminé stable à 0,0%, ce qui n’a pas offert de relais haussier au compartiment bancaire. Dans ce vide relatif des locomotives traditionnelles, CMT a capté les flux spéculatifs et de rotation sectorielle.
Les autres mouvements qui ont compté
Au-delà de CMT, plusieurs dossiers ont animé l’analyse bourse Casablanca. Sothema a gagné 4,8% à 395 MAD, Microdata 4,7% à 785 MAD, Risma 3,3% à 344,9 MAD et Société des Boissons du Maroc 3,1% à 2.350 MAD. Marsa Maroc a avancé de 2,0% à 839 MAD, tandis que TGCC a pris 1,5% à 756 MAD, signe que certains investisseurs continuent de privilégier les thèmes domestiques liés aux infrastructures, à la consommation et aux services.
Du côté des replis, la pression a été plus sévère sur des dossiers cycliques ou déjà bien valorisés. Vicenne a chuté de 6,9% à 363 MAD avec 26,6 millions de MAD de volume, Eqdom a perdu 6,0% à 1.334 MAD, BMCI 5,3% à 567 MAD et Alliances 4,9% à 389,9 MAD. Sonasid a cédé 4,5% à 2.015 MAD, un mouvement cohérent avec les interrogations sur les coûts industriels dans un contexte de change moins favorable, l’EUR/MAD ayant progressé de 3,47% à 10,685. Pour les importateurs de biens d’équipement ou d’intrants libellés en euro, cette variation n’est pas neutre.