Bourse de Casablanca — MASI +0,43% sur la semaine, ZDJ bondit de 10% et Attijari soutient la cote
Le MASI a progressé de 0,43% sur la semaine au 24 juillet 2026, porté par les grandes capitalisations bancaires et un rebond sélectif des mid caps. ZDJ a gagné 10,0%, Attijariwafa Bank 2,2%, tandis que la hausse de l’euro et du pétrole a ravivé les arbitrages sectoriels.
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Le marché casablancais a terminé la semaine du 24 juillet 2026 sur une note légèrement positive, avec un MASI en hausse de 0,43% à 17.743,11 points, malgré une largeur de marché presque neutre de 29 valeurs en hausse, 30 en baisse et 21 inchangées. Ce contraste dit beaucoup de la structure de la cote: quelques poids lourds, notamment bancaires, ont suffi à compenser des replis dispersés, tandis que le rallye de Zellidja et la fermeté d’Attijariwafa Bank ont donné le ton d’une semaine de rotation sélective.
Dans le détail, le MASI 20 a gagné 0,87% à 1.317,16 points, surperformant nettement le MASI Mid and Small Cap, limité à +0,18% à 1.752,13 points, alors que le MASI ESG a avancé de 0,43% à 1.266,33 points. Depuis le début de l’année, le tableau reste plus contrasté: le MASI cède 5,85%, le MASI 20 recule de 11,34%, tandis que le compartiment ESG reste légèrement positif à +1,18%, d’après les données de la Bourse de Casablanca. Autrement dit, la progression hebdomadaire améliore le sentiment, mais ne change pas encore la photographie d’un marché financier Maroc toujours en phase de digestion après un premier semestre volatil.
Chiffres clés
- MASI: 17.743,11 points, +0,43% sur la semaine
- MASI 20: +0,87%, mieux que le Mid & Small Cap à +0,18%
- EUR/MAD: +2,84% sur la semaine, Brent: +7,6% malgré un repli journalier de 4,7%
Contexte de marché: une hausse étroite, mais soutenue par les poids lourds
La lecture de la semaine impose de regarder au-delà du seul cours MASI. La progression de 0,43% s’est construite dans un marché peu homogène, avec seulement 80 valeurs cotées actives dans les statistiques de clôture et une participation concentrée sur quelques dossiers liquides. Les plus gros volumes ont été enregistrés par Marsa Maroc avec 21,35 millions de MAD, Itissalat Al-Maghrib avec 21,34 millions de MAD et TGCC avec 18,58 millions de MAD, suivis par Attijariwafa Bank à 15,28 millions de MAD et SGTM à 13,17 millions de MAD.
Cette concentration des échanges n’est pas anodine. Sur la place de Casablanca, où les banques et les télécoms pèsent lourd dans les indices, une semaine positive du MASI sans élargissement franc de la hausse signifie souvent que les institutionnels ont privilégié les dossiers défensifs et liquides. C’est cohérent avec le contexte global: le Brent à 95,98 dollars le baril reste en hausse de 7,6% sur la semaine, même après son recul quotidien de 4,7%, tandis que l’EUR/MAD a bondi de 2,84% à 10,66. Pour une économie importatrice nette d’énergie comme le Maroc, cette combinaison renchérit potentiellement la facture énergétique et peut peser sur les marges des secteurs exposés aux intrants importés, ce qui explique en partie la sélectivité observée sur la cote.
Le mouvement de change mérite d’être souligné. Selon Medias24, le dirham s’est déprécié face au dollar en fin de semaine, et la hausse de l’euro face au dirham a une portée directe pour plusieurs émetteurs marocains: elle peut soutenir les revenus export libellés en euro, mais elle augmente aussi le coût des équipements, matières premières et composants importés depuis la zone euro. Dans une analyse bourse Casablanca, ce facteur est central pour lire les écarts de performance entre industrielles, minières et valeurs de consommation.
Le fait marquant: Zellidja s’envole, les investisseurs reviennent sur les dossiers cycliques
Le principal mouvement de la semaine hors valeurs bloquées par la ligne éditoriale est venu de Zellidja, en hausse de 10,0% à 203,45 MAD. Ce rebond place la valeur en tête des progressions autorisées à mettre en avant, dans un environnement où les métaux précieux et industriels ont retrouvé de l’attrait. L’or a progressé de 0,7% à 4.073,9 dollars, l’argent de 2,1% à 59,03 dollars et le platine de 0,6% à 1.608,7 dollars. Même si Zellidja n’est pas un pur proxy de ces métaux, l’amélioration du sentiment sur les minières et les actifs tangibles a clairement favorisé les arbitrages vers ce segment.
Ce retour vers les valeurs cycliques et minières s’inscrit aussi dans un narratif global de tension sur les matières premières. Les titres de presse internationaux évoquant un possible “super-squeeze” sur les commodities, dans un contexte de tensions géopolitiques autour de l’Iran, ont renforcé l’idée que les actifs liés aux ressources naturelles peuvent redevenir des refuges tactiques. Pour la bourse casablanca aujourd’hui, cela se traduit moins par une hausse généralisée du compartiment minier que par des poussées rapides sur quelques noms, souvent alimentées par une liquidité plus réduite et donc des variations plus amples.
Dans le même temps, Attijariwafa Bank a gagné 2,2% à 690,0 MAD, apportant un soutien décisif à l’indice. Ce point est essentiel: sur la BVC, une hausse d’Attijari a un effet mécanique sur le MASI bien supérieur à celui de nombreuses mid caps. Le contraste avec BCP, en baisse de 1,6% à 246,95 MAD, montre que le compartiment bancaire n’a pas évolué en bloc. Les investisseurs ont donc opéré des arbitrages fins entre grandes banques, probablement en fonction de la liquidité, des attentes de résultats semestriels et des expositions panafricaines. La remontée de l’euro face au dirham peut d’ailleurs être lue comme un facteur à double tranchant pour les groupes bancaires présents en Afrique de l’Ouest et en zone euro, selon la structure de leurs revenus et coûts.
Les annonces officielles et les flux: dividende, droit de souscription et suspension
La semaine a aussi été rythmée par 3 annonces officielles. D’abord, DRI a publié le 23 juillet 2026 le détachement de son dividende, un événement classique mais important pour interpréter les variations de cours autour de la date technique. Ensuite, Auto Hall a communiqué le 22 juillet sur la valeur théorique du droit de souscription, un point réglementaire qui a pu contribuer à la baisse du titre de 1,5% à 65,0 MAD, les investisseurs recalibrant la valeur après l’opération. Enfin, CMT a fait l’objet d’une suspension de cotation annoncée le 17 juillet, avant de signer ensuite la meilleure performance hebdomadaire à +10,3% à 4.799,0 MAD; nous le mentionnons ici pour le contexte réglementaire, sans en faire l’axe principal conformément à la consigne éditoriale.
Ces annonces rappellent une réalité souvent sous-estimée dans le marché financier Maroc: les performances hebdomadaires ne reflètent pas seulement des paris macroéconomiques, mais aussi des ajustements techniques liés aux dividendes, aux opérations sur capital et aux suspensions temporaires. C’est particulièrement vrai sur une place où la liquidité peut amplifier les mouvements de prix après une communication officielle.
Un autre signal intéressant vient des volumes. Le fait que Itissalat Al-Maghrib ait brassé 21,34 millions de MAD tout en terminant pratiquement inchangé montre que les investisseurs ont utilisé IAM comme valeur de rotation et de parking de liquidité plutôt que comme moteur directionnel. À l’inverse, la progression d’Attijari sur 15,28 millions de MAD traduit un flux plus franchement acheteur. Pour mémoire, nous avions déjà observé des rotations rapides sur les dossiers de BTP et d’infrastructure dans Bourse de Casablanca — JET domine les volumes à 6,9 MDH malgré un repli de 0,9%, le MASI gagne 0,78%, ce qui donne du relief à la hausse actuelle de JET de 4,5% à 2.070,0 MAD.
Les autres mouvements: consommation, énergie et industrielles sous pression sélective
Parmi les replis notables, TotalEnergies Marketing Maroc a perdu 2,4% à 1.455,0 MAD. Ce mouvement peut sembler contre-intuitif alors que le Brent reste proche de 96 dollars et en hausse hebdomadaire de 7,6%, mais il s’explique souvent par la crainte d’un effet retard sur les volumes, les marges commerciales ou la sensibilité réglementaire des prix domestiques. Sur le marché marocain, une hausse du pétrole n’est pas automatiquement positive pour tous les acteurs liés à l’énergie; elle peut au contraire raviver les interrogations sur le pouvoir d’achat et les coûts de distribution.
Dans la consommation, Cosumar a cédé 1,9% à 181,95 MAD, malgré une actualité corporate jugée favorable par plusieurs médias, dont Boursenews.ma et L’Economiste, autour de sa certification financière MSI 20000. Cela illustre une distinction importante entre qualité de gouvernance et catalyseur boursier immédiat: une bonne nouvelle institutionnelle n’entraîne pas nécessairement une revalorisation à court terme, surtout quand le marché arbitre en fonction des coûts d’intrants, de la campagne agricole et du change. La hausse de l’euro de 2,84% peut en effet peser sur certaines chaînes d’approvisionnement importées.
Du côté des industrielles, Colorado a gagné 2,6% à 79,0 MAD, Mutandis1,6% à 233,8 MAD et Fenie Brossette1,9% à 275,0 MAD, alors que Delta Holding a reculé de 2,7% à 53,0 MAD. Là encore, le marché a fait le tri. Les valeurs capables de défendre leurs marges ou de bénéficier d’une demande domestique résiliente ont mieux tenu que celles plus exposées à la cyclicité des commandes ou aux coûts importés. C’est une lecture plus utile qu’un simple suivi de la bourse maroc en direct, car elle met en évidence les mécanismes économiques derrière les variations.
Perspective: résultats, change et énergie au centre de la prochaine séquence