Bourse de Casablanca — MASI -0,91% sur la semaine, Aradei +8,6% et Sanlam résistent au repli
Le MASI a cédé 0,91% sur la semaine close le 11 septembre 2026, avec 42 baisses contre 18 hausses. Aradei Capital (+8,6%) et Sanlam Maroc (+6,1%) ont surnagé, tandis que la faiblesse du MAD face à l’euro et un Brent à 105,07 dollars ont pesé sur le marché financier marocain.
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Le repli hebdomadaire du MASI à 18.615,24 points, en baisse de 0,91% à la clôture du vendredi 11 septembre 2026, raconte plus qu’une simple consolidation technique. Avec 42 valeurs en baisse, contre 18 en hausse et 21 inchangées, la cote casablancaise a absorbé en même temps un Brent à 105,07 dollars le baril sur la semaine, un EUR/MAD en hausse de 3,56% à 10,909 et une concentration des échanges sur quelques poids lourds, selon les données de marché vérifiées.
Dans ce tableau, deux poches de résistance ont émergé nettement: Aradei Capital, qui a bondi de 8,6% à 480,0 MAD, et Sanlam Maroc, en hausse de 6,1% à 3.170,0 MAD. Leur progression a contrasté avec la faiblesse des grandes capitalisations cycliques et industrielles, alors que le MASI 20 a reculé de 0,97% et que le MASI ESG a perdu 1,32%, signe que la pression a touché le cœur liquide du marché.
Contexte de marché: un cours MASI sous pression, mais des petites capitalisations qui tiennent
Sur la semaine du 7 au 11 septembre 2026, l’analyse bourse Casablanca montre un marché à deux vitesses. L’indice principal MASI a cédé 0,91%, portant sa performance depuis le début de l’année à -1,23%. En parallèle, le MASI 20 affiche désormais -9,81% YTD, ce qui souligne la sous-performance persistante des grandes capitalisations par rapport au reste de la cote. A l’inverse, le a grappillé sur la séance de vendredi et limite son recul annuel à , un écart qui suggère une meilleure tenue relative des valeurs secondaires.
- Brent: 105,07 dollars/baril (+7,3% sur la semaine)
- EUR/MAD: 10,909 (+3,56%)
- Aradei Capital: +8,6% à 480,0 MAD
La structure des échanges confirme ce biais défensif. Managem a concentré 77,0 millions de MAD de volumes, malgré une baisse de 2,8% à 1.750,0 MAD, devant Marsa Maroc à 53,5 millions de MAD et Attijariwafa Bank à 27,8 millions de MAD, en léger repli de 0,2%. Itissalat Al-Maghrib a aussi figuré parmi les dossiers les plus traités avec 19,0 millions de MAD, en baisse de 1,0%, tandis que Wafa Assurance a brassé 17,1 millions de MAD pour une hausse de 0,9%. Cette hiérarchie montre que la liquidité est restée concentrée sur les poids lourds, mais sans impulsion acheteuse suffisamment large pour inverser la tendance globale.
Pourquoi le marché financier marocain a reculé cette semaine
Le premier facteur de pression est macroéconomique. Le Maroc reste importateur net d’énergie, et la remontée du Brent de 7,3% sur la semaine, malgré un repli quotidien de 2,4% vendredi, renchérit mécaniquement la facture énergétique et pèse sur les anticipations de marges pour plusieurs secteurs domestiques. Pour les investisseurs en bourse casablanca aujourd'hui, cela compte double: un pétrole plus cher peut dégrader les coûts de transport, de logistique et de production, tout en alimentant des craintes sur l’inflation importée.
Le deuxième facteur est monétaire. Le USD/MAD a progressé de 0,39% à 9,4124, mais c’est surtout le EUR/MAD à 10,909, en hausse de 3,56%, qui a marqué la semaine. Cette faiblesse du dirham face à l’euro est importante pour la lecture du marché financier Maroc, car elle modifie les équilibres pour les importateurs, les distributeurs et certaines valeurs de consommation. Des groupes exposés aux achats en devises européennes peuvent voir leurs coûts grimper plus vite que leurs prix de vente, ce qui aide à expliquer le recul de dossiers comme Label Vie (-3,0% à 4.150,0 MAD), Mutandis (-2,5% à 236,0 MAD) ou Lesieur Cristal (-1,6% à 300,0 MAD).
Le troisième facteur est la rotation sectorielle. Selon Medias24, Managem pèse désormais 11% du MASI, un niveau qui change la lecture des flux de gestion. Quand une valeur aussi lourde corrige de 2,8% avec 77,0 millions de MAD échangés, l’effet sur l’indice est immédiat. Pourtant, le contexte matières premières n’était pas uniformément négatif: l’or a gagné 0,9% à 4.403,7 dollars, l’argent 1,0% à 64,93 dollars et le palladium 3,2% à 1.323,0 dollars. En théorie, ce panier soutient les minières. En pratique, le marché a davantage retenu les prises de bénéfices après la forte visibilité récente du titre, comme l’illustrait déjà notre article lié sur Managem capte 55,3 MDH, l’or et le platine soutiennent le titre malgré un MASI quasi stable.
Aradei et Sanlam, les deux exceptions les plus visibles de la semaine
La meilleure performance hebdomadaire est revenue à Aradei Capital, en hausse de 8,6% à 480,0 MAD. Ce mouvement est notable car il intervient dans une semaine où l’immobilier coté n’a pas été uniformément recherché. Résidences Dar Saada n’a progressé que de 0,3% à 177,95 MAD, tandis que plusieurs valeurs liées à la consommation et à la construction ont reculé. La surperformance d’Aradei suggère un retour sélectif vers les actifs offrant une meilleure visibilité sur les revenus locatifs et les flux récurrents, dans un marché où la dispersion des performances s’est accentuée.
Sanlam Maroc, avec +6,1% à 3.170,0 MAD, a signé la deuxième meilleure hausse de la semaine. Le secteur assurance a montré une meilleure résilience que le marché large, puisque Wafa Assurance a également gagné 0,9% à 5.400,0 MAD et AFMA0,8% à 1.250,0 MAD. Cette tenue relative peut s’expliquer par le profil plus défensif du secteur dans un environnement de volatilité macro, mais aussi par la sensibilité des assureurs aux rendements financiers et à la valorisation de leurs portefeuilles. Dans une semaine où le MASI ESG a perdu 1,32%, voir deux assureurs finir dans le vert est un signal de rotation vers la qualité perçue.
Pressions sur la consommation, les matériaux et certaines industrielles
La liste des baisses a été plus fournie et plus homogène. Dans la consommation, Cosumar a perdu 2,2% à 190,15 MAD, Mutandis2,5% à 236,0 MAD et Lesieur Cristal1,6% à 300,0 MAD. Pour Mutandis, le marché a aussi intégré les informations de presse autour d’une opération de 1,7 milliard de MAD et d’un projet d’acquisition d’Enosis, rapportés notamment par Industries.ma, LesEco.ma et Consonews. Une opération de croissance externe peut soutenir le profil stratégique à moyen terme, mais elle soulève à court terme des questions de financement, d’intégration et de rentabilité, surtout après un premier semestre 2026 décrit comme moins rentable par plusieurs médias.
Les matériaux de construction ont également pesé. LafargeHolcim Maroc a cédé 1,9% à 1.727,0 MAD, Ciments du Maroc2,5% à 1.649,0 MAD et Jet Contractors2,0% à 1.999,0 MAD. Ce compartiment reste très sensible aux perspectives de demande domestique, aux coûts énergétiques et au rythme des chantiers. Avec un pétrole au-dessus de 105 dollars et un euro plus fort face au dirham, les investisseurs ont logiquement réévalué les risques sur les marges industrielles.
Le cas de Minière Touissit, en chute de 60,2% à 1.730,0 MAD, sort du cadre des variations ordinaires et appelle à la prudence d’interprétation. Sans élément corporate détaillé fourni dans les données disponibles ici, il serait imprudent d’en tirer une conclusion définitive. Ce type de mouvement extrême peut refléter un ajustement technique, une opération sur titre ou un événement spécifique nécessitant confirmation réglementaire.
Banques, télécoms et flux: les poids lourds n’ont pas joué leur rôle de soutien
Du côté des grandes capitalisations, la semaine a été marquée par une relative inertie. Attijariwafa Bank n’a cédé que 0,2%, ce qui est modéré compte tenu du contexte, mais insuffisant pour soutenir l’indice vu son poids. Selon la presse spécialisée, la banque a rejoint le Swift Payments Scheme, une initiative destinée à fluidifier les paiements internationaux, tandis qu’Attijariwafa Bank et BCP ont aussi été citées dans le financement du parc éolien Boujdour II de 300 MW. Ces annonces renforcent le narratif de diversification et d’infrastructure, mais elles n’ont pas suffi à déclencher une revalorisation immédiate en bourse.
Itissalat Al-Maghrib, en baisse de 1,0%, a lui aussi pesé sur le cours MASI. Dans un indice concentré sur les banques, les télécoms et quelques industrielles, l’absence de rebond des poids lourds amplifie mécaniquement l’impact des reculs sectoriels. C’est l’une des raisons pour lesquelles le MASI 20 reste nettement plus faible sur l’année, à -9,81%, que le segment mid and small caps.
Ce qu’il faut surveiller la semaine prochaine
Pour la semaine suivant le 11 septembre 2026, trois variables seront déterminantes pour la bourse maroc en direct. D’abord, l’évolution du Brent, resté à 105,07 dollars malgré son repli de fin de semaine, car toute nouvelle tension sur l’énergie affecte directement les coûts importés au Maroc. Ensuite, la trajectoire du EUR/MAD à 10,909 et du USD/MAD à 9,4124, qui influencera la lecture des marges sur la consommation, la distribution et l’industrie. Enfin, les investisseurs suivront les suites des dossiers corporate évoqués dans la presse, notamment autour de Mutandis, ainsi que la capacité des poids lourds comme Attijariwafa Bank, IAM et Managem à stabiliser l’indice après une semaine où le marché a surtout récompensé les exceptions plutôt que la tendance générale.