Bourse de Casablanca — Semaine du 21 au 25 septembre 2026: small caps +0,69%, MASI recule de 0,29%
Le MASI a cédé 0,29% sur la semaine du 21 au 25 septembre 2026, tandis que le MASI Mid and Small Cap a progressé de 0,69%. La rotation vers les minières et les valeurs secondaires s’est accélérée sur fond de Brent en baisse de 3,3% sur la semaine et d’EUR/MAD en hausse de 3,26%.
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Un marché à deux vitesses a dominé la Bourse de Casablanca sur la semaine du 21 au 25 septembre 2026: le MASI a reculé de 0,29% à 17.818,09 points, mais le MASI Mid and Small Cap a gagné 0,69% à 1.736,57 points. Ce décalage est le fait marquant de la semaine, car il traduit une rotation nette hors des grandes capitalisations les plus liquides vers des dossiers plus exposés aux métaux, aux situations spécifiques d’entreprise et aux arbitrages de valorisation.
Le contraste est d’autant plus notable que le MASI 20 a perdu 0,49% à 1.287,87 points, tandis que le MASI ESG a cédé 0,26% à 1.321,17 points, ce qui montre que la faiblesse s’est concentrée sur le noyau dur des blue chips. Selon les données de marché, la séance de clôture s’est soldée par 16 hausses, 40 baisses et 25 valeurs inchangées sur 81 titres cotés, une largeur de marché négative qui n’a pas empêché plusieurs small et mid caps de signer des progressions marquées.
Chiffres-clés
- MASI: 17.818,09 points (-0,29% sur la semaine)
- MASI Mid and Small Cap: +0,69%
- Brent: 97,06 dollars/baril (-8,9% sur la séance, -3,3% sur la semaine)
Contexte de marché: le cœur de cote cale, les valeurs secondaires prennent le relais
Dans le détail, la physionomie du marché financier Maroc a été façonnée par trois forces. D’abord, la consolidation des poids lourds bancaires et industriels a pesé sur l’indice principal. Ensuite, la baisse du pétrole a modifié la lecture sectorielle dans un pays importateur net d’énergie comme le Maroc. Enfin, la remontée de l’EUR/MAD de 3,26% à 10,933 a ravivé les questions de coûts d’importation pour les groupes dépendants d’intrants européens, tout en soutenant potentiellement les revenus libellés en devises ou indexés sur des marchés internationaux.
Les volumes ont confirmé que les flux sont restés concentrés sur quelques grands noms, sans pour autant se traduire par une hausse de l’indice. TGCC a dominé les échanges avec 87,85 millions de MAD, devant Attijariwafa Bank à 57,09 millions de MAD et BCP à 51,93 millions de MAD. Managem a brassé 35,12 millions de MAD et Marsa Maroc32,59 millions de MAD. Cette hiérarchie des volumes montre que les institutionnels sont restés actifs sur les grandes capitalisations, mais les performances hebdomadaires ont davantage récompensé des poches moins consensuelles du marché.
Cette rotation prolonge un schéma déjà observé dans notre précédent papier, Bourse de Casablanca — REB bondit de 6%, les small caps défient un MASI en repli de 0,20%. La différence, cette semaine, est que le mouvement s’est appuyé sur un environnement macro plus lisible: le Brent a reculé de 3,3% sur la semaine à 97,06 dollars, malgré une forte volatilité quotidienne, ce qui a allégé la pression sur la facture énergétique du pays et réduit l’attrait relatif de certains dossiers défensifs liés à l’énergie.
Analyse Bourse Casablanca: les minières et dossiers spécifiques mènent la hausse
La meilleure performance de la semaine est revenue à CMT, qui a bondi de 10,0% à 4.315 MAD. Le mouvement n’est pas isolé: Zellidja a gagné 4,9% à 278 MAD, tandis que Managem a avancé de 0,3% à 1.620 MAD. Cette surperformance des minières s’inscrit dans un contexte international où les métaux précieux restent fermes: l’or a progressé de 0,5% à 4.320,1 dollars, l’argent de 1,9% à 64,65 dollars et le platine de 2,8% à 1.797,4 dollars. Pour des investisseurs locaux, cette toile de fond renforce la visibilité sur les revenus des producteurs exposés aux cours mondiaux, même si chaque société conserve ses propres contraintes opérationnelles.
Le cas de Managem a aussi nourri le sentiment sectoriel, même si la valeur fait partie des titres à ne pas mettre en avant dans le titre. Selon la presse économique marocaine, le groupe a publié un RNPG de 3,78 milliards de MAD au premier semestre 2026, avec un chiffre d’affaires en très forte hausse. Même lorsque la progression hebdomadaire du titre reste limitée à 0,3%, ce type de publication agit comme un signal de validation pour l’ensemble du compartiment minier, car il rappelle à quel point l’effet prix des matières premières peut se transmettre aux comptes.
Au-delà des minières, la hausse de Fenie Brossette de 6,5% à 365 MAD et celle d’AGMA de 4,6% à 7.000 MAD montrent que la recherche de performance s’est déplacée vers des dossiers de niche. Société des Boissons du Maroc a pris 4,0% à 2.096 MAD, Jet Contractors3,8% à 1.930 MAD, et Auto Hall0,7% à 62,99 MAD. Ce panier hétérogène a un point commun: il est moins directement corrélé au comportement immédiat des très grandes capitalisations qui dominent le cours MASI, ce qui a permis à certains investisseurs de chercher de l’alpha hors du cœur de cote.
Les poids lourds freinent l’indice malgré des volumes soutenus
Si le MASI a terminé dans le rouge, c’est d’abord parce que plusieurs valeurs influentes ont corrigé ou stagné. Attijariwafa Bank, l’un des principaux poids de la cote, a reculé de 0,1% avec 57,09 millions de MAD échangés. BCP a perdu 1,1% avec 51,93 millions de MAD de volume, tandis que CIH Bank a cédé 1,6% à 320 MAD. Dans un indice concentré comme Casablanca, quelques replis modestes sur les bancaires suffisent à neutraliser plusieurs hausses de small caps.
Le compartiment industriel a aussi pesé. LafargeHolcim Maroc a abandonné 3,1% à 1.656 MAD, CMGP Group4,4% à 282 MAD et Sothema4,2% à 340 MAD. Pour les cimentiers et industriels, la hausse de l’EUR/MAD de 3,26% peut être un facteur de vigilance, car elle renchérit le coût des équipements, pièces importées ou intrants facturés en euro. À l’inverse, la détente du pétrole est plutôt favorable aux coûts logistiques et énergétiques, mais l’effet n’est ni immédiat ni uniforme d’un groupe à l’autre.
Le segment énergie a offert une lecture plus nuancée. TotalEnergies Marketing Maroc a reculé de 1,4% à 1.400 MAD. La baisse hebdomadaire du Brent de 3,3% peut peser à court terme sur les anticipations de valeur des stocks ou sur la dynamique de chiffre d’affaires nominale, même si elle améliore en parallèle le pouvoir d’achat des ménages et la facture d’importation du pays. Pour une économie importatrice nette comme le Maroc, un pétrole moins cher est généralement un soutien macroéconomique, mais en Bourse l’effet sectoriel immédiat peut être contrasté.
Résultats et annonces: Cosumar, AtlantaSanad et le financement de TGCC
Parmi les dossiers d’actualité, Cosumar a publié un chiffre d’affaires de 4,82 milliards de MAD à fin juin, tandis que plusieurs médias, dont EcoActu et Boursenews, ont fait état d’un recul du résultat net part du groupe de 14% au premier semestre 2026. Cette baisse s’explique, selon la presse, par un repli de la production et par les perturbations liées aux inondations. Le titre n’apparaît pas dans les plus fortes variations hebdomadaires fournies, mais la publication reste importante pour la lecture du secteur agro-industriel: elle rappelle que, au Maroc, les fondamentaux boursiers restent étroitement liés aux aléas climatiques et à la campagne agricole.
Autre signal à suivre, AtlantaSanad a vu son bénéfice net progresser de 5,3% au premier semestre, selon Medias24, mais le titre a tout de même reculé de 1,6% à 120 MAD sur la semaine. Ce décalage entre publication et performance boursière montre que le marché arbitre aussi sur les valorisations et les attentes déjà intégrées. Dans l’assurance, une hausse du résultat n’entraîne pas mécaniquement une hausse du cours si les investisseurs jugent la progression insuffisante au regard des multiples ou des perspectives.
Enfin, TGCC a obtenu le visa de l’AMMC pour la mise à jour annuelle de son programme de billets de trésorerie, selon plusieurs publications relayées le 24 septembre. Le titre a terminé stable sur la semaine, mais avec 87,85 millions de MAD de volume, de loin le plus élevé du marché. Cette combinaison d’un cours inchangé et d’un volume massif suggère des repositionnements importants. Pour un groupe de construction, la capacité à diversifier ses sources de financement de court terme est un élément clé dans un environnement où les coûts de financement et les besoins en fonds de roulement restent des variables sensibles.
Bourse Casablanca aujourd’hui: ce qu’il faudra surveiller
Pour la semaine qui s’ouvre après le 25 septembre 2026, l’analyse bourse Casablanca devra suivre trois axes précis. D’abord, la capacité du MASI à stabiliser au-dessus de 17.800 points après une baisse hebdomadaire de 0,29% malgré la bonne tenue des small caps. Ensuite, la poursuite ou non de la rotation vers les minières et les valeurs secondaires, alors que l’or, l’argent et le platine restent bien orientés. Enfin, l’impact des publications semestrielles et des annonces de financement sur les valorisations, dans un contexte où le Brent à 97,06 dollars et l’EUR/MAD à 10,933 continueront d’influencer les marges des entreprises marocaines. Pour les lecteurs qui suivent la bourse maroc en direct, le message de la semaine est clair: la faiblesse de l’indice cache une sélectivité croissante, et cette sélectivité est désormais le vrai moteur du marché.