Bourse de Casablanca — Sanlam Maroc bondit de 8,1% malgré un MASI en baisse de 0,28%
Sanlam Maroc a signé la plus forte hausse du jour à 2.990 MAD, dans un marché en repli où le MASI a cédé 0,28%. La hausse de Brent à 75,02 dollars et la faiblesse du dirham face au dollar ont ravivé l’intérêt pour les valeurs liées à l’énergie et aux actifs réels.
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Le contraste du jour à la Bourse de Casablanca tient en 2 chiffres: Sanlam Maroc a bondi de 8,1% à 2.990 MAD alors que le MASI a reculé de 0,28% à 18.049,47 points ce jeudi 25 juin 2026. Ce décalage illustre un marché financier Maroc sélectif, où quelques dossiers défensifs ou liés aux actifs réels ont attiré les flux malgré une séance globalement négative.
La toile de fond macro a compté. Le Brent a repris 1,7% sur la journée à 75,02 dollars le baril, même s’il reste en baisse de 3,7% sur la semaine, tandis que le USD/MAD s’est apprécié de 3,47% à 9,3938 et l’EUR/MAD de 3,44% à 10,686. Pour une économie importatrice nette d’énergie comme le Maroc, cette combinaison renchérit la facture énergétique et pèse sur les marges des secteurs dépendants des intrants importés, mais elle peut aussi soutenir ponctuellement l’intérêt boursier pour les valeurs perçues comme couvertures partielles contre l’inflation importée.
Contexte de marché: un cours MASI sous pression malgré quelques poches de hausse
La séance du 25 juin 2026 s’est soldée par une baisse des grands indices, avec un MASI 20 en retrait de 0,12% à 1.332,66 points et un MASI ESG en baisse plus marquée de 0,45% à 1.275,7 points. Le segment MASI Mid and Small Cap a mieux résisté, gagnant 0,03% à 1.828,39 points, ce qui confirme que la faiblesse du jour a surtout touché certaines grandes capitalisations plutôt qu’un mouvement uniforme sur toute la cote.
La largeur du marché reste négative, avec 24 valeurs en hausse, 35 en baisse et 21 inchangées sur un total de 80 titres cotés. Dans la lecture de la bourse Casablanca aujourd'hui, cette répartition montre que le repli du MASI n’est pas seulement mécanique: il reflète une aversion plus large sur les dossiers exposés à la consommation discrétionnaire, à la technologie et à certaines minières, alors que quelques valeurs défensives ont servi de refuge.
Les volumes ont été dominés par Managem, en baisse de 1,8% à 12.570 MAD avec 108,37 MDH échangés, loin devant Attijariwafa Bank, qui a cédé 0,6% à l’occasion du détachement de son dividende avec 25,42 MDH de transactions. Maroc Telecom n’apparaît pas parmi les plus gros volumes du jour, mais l’absence de soutien franc des poids lourds télécoms et bancaires a laissé le MASI sans véritable moteur haussier.
Sanlam Maroc en vedette: un bond de 8,1% à contre-courant
La principale histoire de séance est venue de Sanlam Maroc, qui a progressé de 8,1% à 2.990 MAD, signant la meilleure performance du jour parmi les hausses significatives. Ce mouvement est d’autant plus notable qu’il intervient dans un marché baissier et au moment où les investisseurs réévaluent l’impact de la remontée du pétrole et du change sur les bilans des entreprises marocaines.
Pourquoi ce rebond? D’abord, la hausse du Brent à 75,02 dollars ravive les arbitrages vers les valeurs liées à l’énergie, aux infrastructures et plus largement aux actifs tangibles. Même si le titre n’est pas un pur producteur pétrolier coté sur la place, le marché semble jouer un thème plus large de “réouverture énergétique” et de demande locale résiliente, dans un contexte où les cours mondiaux se stabilisent après les gros à-coups liés aux tensions au Moyen-Orient, selon les gros titres internationaux mentionnant la poursuite des discussions américano-iraniennes.
Ensuite, la progression du USD/MAD à 9,3938 et celle de l’EUR/MAD à 10,686 changent la hiérarchie sectorielle en Bourse. Les sociétés fortement dépendantes des importations voient leur visibilité sur les coûts se dégrader, tandis que les investisseurs cherchent des dossiers capables de mieux absorber un choc de change ou de le répercuter. Dans cette analyse bourse Casablanca, le rallye de Sanlam Maroc ressemble donc moins à un simple sursaut technique qu’à une rotation sectorielle vers des profils jugés plus robustes face à l’inflation importée.
Le mouvement reste toutefois à replacer dans un marché où les volumes les plus lourds n’ont pas accompagné la hausse de SAM. Cela suggère un intérêt ciblé plutôt qu’un repositionnement massif de tout le marché sur le thème énergétique. Pour les particuliers, c’est un point important: une hausse de 8,1% dans une séance où le MASI perd 0,28% traduit une conviction sur un dossier précis, pas encore une tendance généralisée de la cote.
Les autres signaux: consommation sous pression, minières partagées
Parmi les autres hausses, Oulmès a gagné 5,5% à 1.224 MAD, Involys4,8% à 142,5 MAD et CDM2,8% à 1.018 MAD. À l’inverse, Société des Boissons du Maroc a chuté de 8,5% à 2.012 MAD, soit la plus forte baisse du jour, devant AGMA et Balima, toutes deux à -6,0%. Ce recul des boissons et de certaines valeurs de consommation n’est pas anodin: un dirham plus faible face au dollar et à l’euro peut renchérir les intrants, l’emballage ou certaines matières premières importées, ce qui pèse sur les anticipations de marge.
Le compartiment minier a envoyé des signaux plus contrastés. Managem a perdu 1,8% malgré un volume de 108,37 MDH, tandis que Minière Touissit a reculé de 3,3% à 4.228 MAD avec 24,58 MDH échangés. Pourtant, les métaux précieux restent bien orientés à l’international, avec l’or à 4.049,9 dollars l’once (+1,5%), l’argent à 58,47 dollars (+0,7%) et le platine à 1.621,4 dollars (+2,6%). Le décalage suggère des prises de bénéfices locales ou des arbitrages de liquidité plutôt qu’un rejet du thème minier lui-même.